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01 décembre 2011 @ 12:18
Car l’amour est fort comme la mort Chapitre 2  

Car l’amour est fort comme la mort

Chapitre 2 


 Le chapitre 1 était là. 
Titre: Car l’amour est fort comme la mort.
Auteur: Sakuri
Rating: T
Résumé: Sam/Gabe, Dean/Cas slash. Léger AU. Quatre mois après l’apocalypse qui n’a pas eu lieu, Sam, Gabriel et Castiel sont ramenés à la vie tous ensemble, obligeant Sam à composer avec deux anges soudain humains et avec le fait qu’il ne devra jamais revoir son frère.
Disclaimer: Ni Sakuri ni moi ne possédons Supernatural, on fait juste joujou!

Crossposté sur french_slashers

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La matinée fut une véritable débâcle.
Castiel avait la gueule de bois, des nausées et fut de mauvais poil dès l’instant de son réveil. Gabriel, sans grande surprise, n’avait pas assez dormi. Il n’y avait qu’une douche pour eux trois et seul Sam savait comment l’utiliser, et il n’y avait ni brosse à dents, ni rasoir, ni aucun des objets qu’un adulte mâle normal utilisait quotidiennement le matin. Pendant qu’on y était, ils seraient mis dehors à neuf heures et Sam n’avait plus d’argent, de nouveau. C’était très révélateur sur ce que sa vie était devenue que sa première pensée ne fut pas où il pourrait trouver un job mais combien de temps il faudrait pour se procurer une nouvelle carte de crédit frauduleuse.
Il fit les poches d’un type sur le parking alors qu’ils se dirigeaient vers la voiture, sortit l’argent du portefeuille avant de l’amener à l’employé de la réception comme un objet trouvé. Se glissant à la place du conducteur, il sursauta quand Gabriel se pencha par-dessus son épaule, ses cheveux encore humides de la douche laissant gouter de l’eau froide sur la nuque de Sam.
"Et bien ça a certainement été un de tes moments les plus cools. Une démonstration de tes doigts de fée, Sammy?"
Sam le foudroya du regard dans le rétroviseur intérieur. "Ce n’était pas 'cool', c’était... nécessaire." Il se fit la réflexion que ce n’était sans doute pas très malin de donner le mauvais exemple à un archange rebelle qui n’en avait vraiment pas besoin et se demanda, avec une pointe de désespoir, s’il était possible de convaincre Gabriel de faire ce qu’il disait, pas ce qu’il faisait.
A côté de lui, Castiel attacha tranquillement sa ceinture de sécurité, la lissant sur son trench-coat froissé. Il avait l’air encore plus échevelé que d’habitude depuis qu’il avait à s’arranger sans l’aide de ses pouvoirs angéliques et Sam se fit soudain la réflexion qu’il allait devoir leur trouver de nouveaux vêtements.  
Oh bon sang, il n’était pas fait pour affronter tout ça.
Dean en aurait été plus capable, s’il avait été avec eux. Cette idée lui donnait envie d’éclater d’un rire hystérique.
Qui y aurait cru ? On supposait toujours que Dean était l’irresponsable d’eux deux, le combattant, le prétendu imitateur de James Dean, se pavanant avec sa machette – et son rosaire. C'était pour cela qu’ils laissaient Sam parler aux membres de la famille et consoler les témoins. Mais Dean était aussi celui qui avait vécu cela auparavant, ou au moins quelque chose d’approchant. Il avait pratiquement élevé Sam et prendre soin des gens était ce qu'il faisait le mieux, peu importe à quel point il le nierait avec passion s’il avait entendu quelqu’un l’exprimer ainsi. Il aurait su quoi faire avec deux humains flambants neuf.
Pas de chance, ils ne pouvaient pas lui demander.
"Sam?"
"Huh?" Il sortit de ses pensées, se tournant pour voir Castiel qui le regardait fixement. "Quoi?"
"J’ai demandé où nous allions."
"Oh." Il prit un instant pour y réfléchir. "Hem. Est-ce qu’il y a un endroit où vous, vous voudriez qu’on aille?"
Gabriel lui tapota l’épaule. "Emmène-moi à Vegas."
"Tu n’iras pas à Vegas et je ne suis pas ton chauffeur. Cas?"
"Je crois que toi et ton frère commenceriez, habituellement, la journée par vous procurer un petit déjeuner?  "
Sam étouffa un rire. "Oui, c’est vrai. Mais je pensais un peu plus au long terme."
"Ah."
"Ecoute, c’est juste que je ne veux pas commencer à prendre toutes les décisions à votre place, c’est tout. "
Castiel tourna son visage vers la fenêtre. "Est-ce que ça a une importance? Nous n’avons ni destination, ni objectif. Aucune connaissance sur la façon de vivre en humain. Si on regarde bien, tu es le seul qualifié pour prendre les décisions."
Sam le fixa, inquiet de la tonalité de découragement perçue dans la voix de l’ange. Il ouvrit la bouche pour répondre quelque chose de vaguement rassurant, mais on lui coupa la parole.
"Hey, parle pour toi," se plaignit Gabriel depuis la banquette arrière. "Comme tu l’as fait remarquer hier soir avec tellement de délicatesse, un de nous deux a quand même de l’expérience –"
Sam eut un ricanement incrédule, se tordant pour lui jeter un regard sceptique. "Ton 'expérience' consistait seulement à manger trop de bonbons, à regarder beaucoup trop de télé et à tenir le rôle principal dans le porno le plus perturbant que j'ai jamais été forcé de regarder - merci pour ça, au fait."
L'archange adopta une expression d'innocence ahurie. "Quoi ? Tu veux dire que la vraie vie ne marche pas comme ça ?"
Amusé malgré lui, Sam secoua la tête tout en démarrant la voiture. "Okay Petit déj’ puis recherches, si personne n’a d’objections à émettre."
"Moi, j’ai des objections."
"Les tiennes ne comptent pas."
L’archange commença à donner des coups de pied dans son siège.

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C’était officiel: être humain, c’était pourri. Gabriel avait l’impression que lorsque vous deviez l’être vraiment plutôt que de juste faire semblant, vous manquiez toutes les parts sympas.
Il n’avait pas totalement cru Sam quand celui-ci lui avait dit qu’un excès constant de sucre n’était pas un régime alimentaire convaincant. Bien sûr, Gabriel était vaguement au courant que les véritables humains mangeaient régulièrement d’autres aliments, et qu’il y avait probablement une bonne raison à cela mais, personnellement, il ne voyait pas l’intérêt. Pas plus qu’il voyait l’intérêt de cet engouement pour le sommeil, sujet sur lequel Sam avait insisté. Il avait finalement réussi à rester inconscient deux heures, la veille au motel, et il s’était réveillé se sentant lourd et lent et l’esprit embrumé et long à la détente, son vaisseau désagréable en mille endroits et de mille façons. Gabriel s’émerveillait que les humains arrivent à survivre à des nuits entières de sommeil, si juste deux heures suffisaient à ce qu’il se sente comme si un camion lui était passé dessus. Il n’allait certainement pas essayer de nouveau !
Chacun de ses sens semblait comme diminué. Ils dépendaient des capacités de son hôte, désormais, sans grâce angélique pour transcender la chair. Il pouvait seulement voir ce qui était juste en face de lui, au lieu de jeter un coup d'oeil négligemment à travers le temps et l'espace chaque fois que l’envie l’en prenait. Il ne pouvait plus rien entendre et il s’avérait que les vaisseaux manquaient pathétiquement de force physique quand ils n'avaient pas de phénoménaux pouvoirs cosmiques les habitant. Pour la première, il prenait conscience de sa petite stature et cela se révélait ..., déconcertant d’entrer dans une pièce et de se rendre compte que toutes les personnes présentes avaient un avantage physique sur lui, même si cela n’était que temporaire. Alors que la journée passait, d’un snack agité à des bibliothèques animées, puis un autre bar surpeuplé, il se retrouva à rester prudemment  à côté de la montagne humaine qu’était le plus jeune des Winchester,  se maudissant violemment à chaque fois qu'il réalisait ce qu'il faisait de lui-même.
 
Et à la fin de la journée, rien n’avait été accompli qui le mette sur le chemin de son ancienne gloire.
Ils étaient installés dans un autre motel, deux ou trois villes plus loin, d’aussi mauvais goût que le premier. Gabriel, n'avait rien personnellement contre le mauvais goût d’un décor, mais ici, c’était sale et pas du tout hygiénique par-dessus le marché. Et il devait commencer à s'inquiéter de ce genre de chose, désormais. En toute honnêteté, il ne comprenait pourquoi ils n’avaient pas put rester au même endroit, mais Sam avait insisté pour qu’ils continuent à se déplacer - pour aucune autre raison apparente que l'habitude. Et puis, comme Castiel l’avait exprimé d’une façon si abattue, ce n'était pas comme si l’un d'entre eux avait un but ou une destination ces jours-ci. Tous trois étaient brusquement devenus un surplus.
Sam était sorti avec le prétexte d’aller chercher le dîner, quoique Gabriel suspectait qu’il désirait juste être un peu seul. Ce qui était parfait, pensa-t-il alors qu’il sortait de la sale de bains d’une démarche tranquille. Il avait attendu toute la journée pour avoir l’opportunité d’une conversation privée avec son frère.
Castiel était assis au bord du lit, raide comme pas permis, tournant le dos à Gabriel et un livre sur les genoux. Quand Gabriel se jeta sur le matelas derrière lui et jeta un coup d'oeil par dessus son épaule, il put voir qu’il s’agissait de la Bible qui avait été sur la table de nuit et que son frère étudiait actuellement le Cantique de Salomon. Il renifla, amusé.
"Les sages petits anges ne sont pas supposés lire ce genre de saleté. C'est pratiquement du porno, tu sais." Il s’étendit de tout son long sur le dos, un genou venant accidentellement s’enfoncer dans le dos de l’autre.
"Alors il est bon que je ne sois plus un ange." Des yeux bleus lui jetèrent un regard irrité avant de s’adoucir. "Et ce passage n’est pas de la pornographie. C’est une expression de l’amour et de la dévotion."
Gabriel leva les yeux vers le plafond, pas du tout impressionné. "Bon Dieu, tu es vraiment le rigolo de service. Rappelle-moi comment tu as jamais réussi à t’entendre avec Winchester..."
Castiel lui jeta un regard blessé et Gabriel perdit un instant à se demander s’il devait se sentir coupable. Puis il se souvint qu’il lui gardait toujours rancune de sa tirade au bar et décida que ce n’était qu’une juste rétribution.
"Dean et moi partageons ... partagions un lien profond."
Silencieusement, l'archange feignit de s’étouffer. "Et bien, pour ta gouverne, et je ceci dis en tant que type qui n’a avalé rien d’autre que du sucre ces cent dernières années : votre épique et dégoutante amourette me donne des caries."
A moins qu’il imagine des trucs, les coins de la bouche de Castiel eurent un léger frisson, se courbant vers le haut dans ce qui aurait pu être de l’amusement. "Ce n’était pas une liaison amoureuse, Gabriel."
"Cela aurait aussi bien pu être le cas..."
Son frère inclina la tête à un angle ridicule, les yeux plissés dans une mimique qui proclamait qu’il n’y comprenait rien.
Exaspéré, Gabriel s’assit et se déplaça jusqu’à ce qu’ils soient côte à côte. "Je ne peux pas croire que je suis sur le point d’avoir cette conversation... Très bien, allons-y. Tu l’aimes, non?"
Castiel se tendit immédiatement, se redressant visiblement . "J'aime toutes les créations de notre Père-"
"Oh non, non, non. Nous allons juste sauter la réponse politiquement correcte, ok, parce que je voudrais évacuer cette conversation au plus vite afin de pouvoir commencer à feindre qu’elle n’est pas arrivée. Donc : tu aimes Winchester, bien plus qu'un ange obéissant du Seigneur le devrait, pourraient dire certains."
"Nous ... partageons une histoire unique." Son regard restait fixé ferment sur la Bible entre ses mains, évitant soigneusement Gabriel tandis qu’il suivait distraitement  du bout d’un doigt les lignes de texte. "J'ai agrippé son âme et l’ai tiré de la Perdition, j'ai reconstruit son corps et son esprit. Nous nous sommes rebellés contre le Ciel ensemble, avons affronté l'Enfer. Visité un lieu de perdition. De telles expériences nous ont peut-être rapprochés plus qu’il n’aurait été normal, mais il y n’y a pas de... Nous ne sommes pas amoureux."
"Ouais…. Ecoute, je n'ai pas tout le temps du monde devant moi, donc sautons juste le démenti pour arrivé à l'acceptation, hum! ?" Gabriel lui tapota précautionneusement l'épaule et s’essaya à un sourire encourageant. Il n'était pas entièrement certain d’être au point sur le sujet.
Castiel soupira, le repoussant. "Y-a-t-il une raison qui fait que tu ais si soudainement déterminé à me convaincre de mon amour apparent pour un humain que je ne vais jamais revoir ?»
L’archange gratta d’un air détaché une tâche sur son jean, réfléchissant. Honnêtement, Castiel avait probablement raison d’être sceptique au sujet des motifs de ses acts. Gabriel n’était pas particulièrement connu pour son altruisme – et cet instant n’avait rien d’une exception.
Sam avait rué des quatre fers à la simple mention de prévenir Dean de leur résurrection. Il s’était monté le bourrichon et convaincu que son frère était en train de profiter d'une parodie de vie de banlieue, que l'on ne pouvait probablement pas ne serait-ce qu’effleurer même d’une touche de surnaturel, de crainte que ce bonheur ne vole en éclats à ce contact. Selon Gabriel, il y avait deux pierres d’achoppement dans ce raisonnement. Un; il gèlerait en enfer avant que Winchester soit le type à s’installer dans ce genre de vie, que Sam soit enclin à l'admettre ou non. Deux; tout cela n'allait pas aider du tout Gabriel à redevenir un ange. En fait, c’était meme nuisible à l’atteinte de ce résultat.
Ils avaient passé la journée entière à essayer de faire des recherches sur la question et, s’il ne s'était pas exactement attendu à des progrès rapides, il aurait apprécié que Sam - ou même Castiel, bordel – prête une attention complète au problème. Mais l'absence de Dean formait une sorte de super distraction géante, ce qui faisait que ce n’était pas le cas- et donc Gabriel n'allait jamais récupérer ses ailes, ce qui, en prolongement du raisonnement, signifait qu’il allait passer le reste de son existence à s’étouffer sur de la nourriture répulsive de restos miteux et à se balader à l’arrière de voitures volées. Non, plus tôt ils ramèneraient Winchester dans les rangs du Team Libre Arbitre, plus tôt tout le monde serait content et pourrait se concentrer sur ce qui était réellement important : arranger ce qui n’allait pas chez Gabriel.
Mais il avait utilisé tous les trucs de son arsenal pour essayer de convaincre Sam de la justesse de son raisonnement et il n’avait obtenu qu’une chose: Sam l’avait totalement ignoré. Il n’avait pas confiance en lui, pouvait à peine le supporter, le tolérait simplement parce qu’il avait pitié de lui. Il n’y avait aucune chance qu’il suive le moindre conseil donné par Gabriel.
Donc, il fallait un allié à Gabriel.
Et Castiel voulait retourner auprès de Winchester, peut-être plus que n’importe qui. Il avait juste besoin de l’admettre.
"Je suis un romantique," finit-il par dire, espérant que ça passerait.
"Gabriel –"
"Eh, tu es ma famille. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : en tant que petit frère, tu as tout du coup de pied au cul mais... "Il fit un vague signe de la main, cherchant une phrase type que les gens sentimentaux sortiraient dans ce genre de situation. Il ne trouva rien et se rabattit rapidement sur une tactique différente." Laisse-moi te demander quelque chose : si tu avais une chance de lui dire une chose, une seule, que dirais-tu? "Castiel ouvrit aussitôt la bouche pour répondre, mais Gabriel leva un doigt pour le prévenir." Et ne va pas me sortir quelque chose de ' normal' et 'approprié'. Je ne me soucie pas de ce que tu penses qu'un humain dirait, ou même de ce que tu penses que ce vieux Dean voudrait entendre - je demande ce que toi, Ange Déchu du foutu Seigneur, voudrait dire si tu le rencontrais jamais de nouveau. "
Cette fois, Castiel resta silencieux pendant un long moment, se contentant de rester immobile d’une façon Presque anormale, ses yeux bleus parcourant encore et encore les mots du Cantique des Cantiques. Il était complèrement possible que son frère n’ait jamais eu avant quoi que ce soit de nature personnelle qu’il aurait voulu communiquer.
Gabriel attendit, les dents crispées.
Finalement, Castiel laissa échapper dans un souffle. "Je dirais..." Il hésita, un doigt traçant délicatement les mots devant lui et quand il reprit la parole, sa voix scanda. "' Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, Comme un sceau sur ton bras ; Car l’amour est fort comme la mort.'"
Vaillamment, l’archange résista à sa réaction première, qui aurait été de rire à s’en faire mal au ventre à l’idée de comment Winchester réagirait à cette déclaration.  Oh, c’était tellement Castiel: pieux et mélodramatique and terriblement franc. Gabriel se dit qu’il l’avait bien cherché, mais cela ne rendait pas cela moins drôle. Cela lui rappela pourquoi il appréciait bien plus Castiel que la plupart du reste de leur fratrie.  
"Je crois que tu viens de prouver ce que j’étais en train de dire, frangin," réussit-il à dire à la place, sans même un gloussement, ce qui était impressionnant. "Tu es totalement raide dingue de lui."
Castiel sourit amèrement, le regard dans le lointain. "Cela n’importe pas. Comme Sam l’a dit, Dean a une vie sans nous, désormais. Et même s’il n’avait pas Lisa Braedon, il ne me regarderait jamais de cette manière, je crois."
"Tu pourrais être surpris..." marmonna Gabriel, frottant ses paupières dans un geste fatigué. Plus fort, il ajouta, "Tu n’as pas toujours à écouter ce que Sam dit, tu sais. Regardons les choses en face: le gamin est sympa mais il n’a pas exactement un passé empli de décisions réussies. Il pourrait se tromper là dessus aussi."
"Sam connaît très bien son frère..."
Gabriel leva les yeux au ciel, avant de se pencher vers lui. "Ah ouais? Est-ce qu’il a jamais tenu son âme ? Non. Pas lui. Toi, tu l’as fait. Et tu sais que Winchester vous voudrait à ses côtés s’il savait que vous êtes en vie–"
"Gabriel. S’il te plaît."
Il soupira, décidant qu’il était temps de choisir la retraite tactique. Il laisserait l’idée s’enraciner, puis reviendrait insister bien assez tôt.
Il donna une claque dans le dos de Castiel, avant de bondir sur ses pieds. "Bon, fini. On devrait probablement arrêter cette conversation de gonzesses de toute façon, avant que nous ne ressentions le besoin nous faire des nattes l’un à l’autre ou quelque chose du même genre."
Castiel plissa de nouveau les yeux, perplexe. "... Pourquoi devrions nous nous tresser les cheveux?"
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Une semaine passa et ils arrivèrent en Illinois, descendant vers le sud sans hâte.
Sam avait réussi à se procurer une nouvelle fausse carte de crédit et semblait pris d’une frénésie d'achats sur le thème Winchester. La première chose qu'il acheta fut une voiture, un vilain rebut, vraisemblablement pour apaiser sa culpabilité au sujet du vol de la première, qui avait été laissé  poliment sur le bord de la route avant qu’ils ne passent la frontière entre les états. La nouvelle était un monstre noir et chromé qui ressemblait de façon suspicieuse à une Impala et ne trompait personne, mais Gabriel s'était jusqu'ici abstenu de faire le moindre commentaire.
Après ça, ce fut du gros sel par sacs entiers et tout un arsenal tout neuf. Sam avait juré ses grands dieux qu’ils n’auraient en fait besoin d’aucune de ces armes, puisqu’il ne leur ferait même pas approcher quoi que ce soit ressemblant à une affaire, mais cela semblait rassurer le gamin de savoir qu’elles étaient stocké dans le faux fond du coffre, ou dissimulées sur sa personne. La théorie de Gabriel était que pour qu’un Winchester se sente tranquille, il fallait qu’il ait au moins dix moyens de commettre un homicide à portée de main, quelque soit l’heure.
Ce qui l’ahurissait était qu'il n’arrivait pas à se décider : était-ce triste, drôle, ou vaguement rassurant ?
Ils achetèrent des vêtements dans un magasin de dépôt-vente, puisque Gabriel ne pouvait plus se zapper  une nouvelle garde-robe et que le costume de polyester de Castiel n’était plus possible sans pouvoirs angéliques de fraîcheur instantanée pour l’arranger. Gabriel choisit simplement le type de choses qu’il portait d’habitude et décréta que ça irait, ayant peu de patience pour ce genre de tâche inférieure, Sam fit de même à chaque fois qu’ils mirent la main sur quelque chose d’assez grand pour lui aller. Il dut admettre, cependant, que ce fut beaucoup plus marrant pour eux deux de rhabiller Cas.
Gabriel voulut immédiatement lui faire porter une des nombreuses chemises hawaïennes éclatantes qui s’alignaient sur les portants, mais Sam opposa son veto à l'idée, en rabat-joie qu'il était. Sa bouche tressauta cependant, dénonçant son amusement à cette idée. Gabriel lui sourit en retour, appréciant la nouveauté d'une plaisanterie partagée.
Ils finirent juste par lui choisir des t-shirts noirs et gris et quelques jeans. Pas tout à fait aussi amusant que les chemises hawaïennes ou les pantalons à pattes d’éléphant rouges que Gabriel avait essayé de le convaincre de porter, mais quand même assez surréaliste sur son si sérieux petit frère qu'il en fut satisfait. Des bottes et une veste de surplus de l'armée achevèrent la panoplie et Sam  pensa que ces changements lui allaient bien, complètement inconscient qu'il était un écho d'un autre Castiel d'un autre temps.
Il commença à enseigner aux deux anges les bases de la conduite, sur de longues portions vides de route où ils ne pourraient pas rentrer en collision avec quelqu’un – ce qui s'avéra être une bonne idée quand Cas s’avéra un peu trop brusque avec la direction et les mit promptement dans un fossé au côté de la route. Il s’excusa profusément et Sam lui dit que c'était ok, tout allait bien, essayant désespérément de se souvenir exactement comment un Dean de dix-huit ans lui avait appris, pour pouvoir répéter les conseils. Gabriel, heureusement, s’avéra plus doué, quoique pas de beaucoup. Au moins, il pouvait les garder en ligne droit, quand il se donnait la peine de rester attentif assez longtemps.
Pendant la journée, ils continuaient à chercher de leur mieux, examinant leur résurrection tant soudaine qu’inexpliquée et la mortalité actuelle des anges, mais, honnêtement, il n’y avait même pas d’endroit d’où commencer à creuser. Internet était empli de fausses pistes et de spéculations, les bibliothèques des petites ville étaient encore pires qu'inutiles et Sam n'avait plus aucun contact dans le monde des chasseurs - particulièrement aucun connaissant quoi que ce soit sur ce niveau de bizarre.
Les nuits étaient pleines d’ennui.
Ils jouaient à pile ou face et à la courte-paille pour déterminer qui dormait sur le canapé– ou sur le sol si le motel où ils logeaient était particulièrement bon marché. Ils jouaient à des jeux de cartes, mettant en lice des plages horaires pour l’ordinateur ou le choix de la chaîne de télé. Quand Sam gagnait il leur faisait regarder des documentaires (en partie parce que Dean n’était pas là pour le juger mais principalement pour ennuyer Gabriel). Quand l’archange gagnait, il traumatisait Castiel en l’introduisant au monde du porno. Un soir, ils jouèrent au Scrabble. Sam commença par bien se débrouiller jusqu’à ce qu’il accepte l’introduction des langues étrangères dans le jeu, pensant que sa connaissance du latin et de l’espagnol se révélerait un avantage, seulement les deux anges l’écrasèrent littéralement en énochien.
Pour être honnête, l’ennui ne gênait pas le moins du monde Sam. Il pensait qu’il avait, en quelque sorte, bien gagné l’ennui après tout ce qu’ils avaient fait. Même ses querelles avec Gabriel, qui étaient devenues une habitude continue et distraite, avaient perdu leur bord tranchant et leur antagonisme. Oh, ce n’était pas comme s’il était heureux - aucun d'eux ne l'était, quelque soit le critère - mais il était tombé dans une sorte de routine et si ce n'était pas parfait, au moins c’était confortable
Et puis Sam tomba sur une affaire.
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Le son de la clef tournant dans la serrure réveilla Gabriel de la sieste impromptue dont il était en train de profiter. Après un examen approfondi, le sommeil, quoique toujours une perte de temps affreuse, avait tout de même des points à signaler en sa faveur – et l’un d’entre eux étaient les rêves. Il pouvait toujours ressentir le fantôme des sensations du vol alors qu’il clignait des yeux, confus. Il leva un regard encore flou vers Sam alors que celui-ci entrait dans la chambre d’hôtel, l’observant qui jetait ses clés sur le bureau sans même lever les yeux du journal qu’il lisait.
"Où étais-tu passé?"
"Faire un tour à la bibliothèque" répondit Sam distraitement en le contournant. "Je voulais voir s’ils avaient quelque chose sur les anges."
Gabriel bâilla largement, résistant à l’envie féroce d’étendre des ailes inexistantes. "Et ?"
Il y eut une longue pause, jusqu'à ce que finalement Sam se rende compte qu’une réponse était attendue. À contrecœur, il arracha son regard de l’article qui avait capturé son attention. "Hum! ? Oh. Non, il n'y avait rien. Désolé."
L'archange haussa les épaules, pas étonné pour deux sous. Il n'espérait pas exactement une percée ici, dans ce patelin. Jetant un coup d'oeil à l'humain, il fronça les sourcils en s’apercevant qu'il était de nouveau fasciné par le journal. "Qu’est-ce qui te passionne ainsi ? S'il te plaît dis-moi qu'il y a des nichons impliqué et, s'il c’est le cas, que tu es enclin à partager."
"Quoi ? Non." La bouche pincée, son expression quelque part entre énervée et offensée, Sam plia le journal et le déposa à côté de son sac. "C'était juste un article intéressant. Où est Cas ?"
"Il est dehors dans la voiture, il communie avec la radio de nouveau."
Sam baissa les épaules, poussant un soupir inquiet tout en regardant à l’extérieur par la fenêtre. "Je me sens mal, le laisser assis là-bas tout seul. Il pouvait utiliser mon ordinateur portable s'il voulait écouter de la musique..."
Gabriel se réinstalla paresseusement, les jambes croisées au niveau des chevilles et un bras plié derrière la tête.
"J’étais déjà en train de l'utiliser."
"À quoi ?"
"Casa Erotica."
"Quo -Gabriel!" Sam se tourna vers lui, incrédule, son expression pleine d’exaspération "Tu l’as fait attendre dehors pour pouvoir regarder un porno ? Bon Dieu, tu es pire que Dea-" Il s’arrêta avec un effort audible, étranglant maladroitement le nom. Puis, après un moment, il sembla se ressaisir et pointa un doigt autoritaire dans la direction de Gabriel, saisissant ses clés de l'autre main. "Je vais aller le chercher. La prochaine fois, laisse-le utiliser ce foutu portable. Je suis sérieux."
"Oh, eh bien, si tu es sérieux..."
La porte claqua, coupant la fin du sarcasme de Gabriel, le laissant lever les yeux au ciel dans une chambre vide. Oh, il en avait tellement marre de tout - d'être humain, de Sam et Castiel traînant tels des zombis déprimés et jumeaux, d’errer sans but de motels en motels quand il n'y avait pas même de raison valable de vivre ainsi. Tout cela devenait un peu ridicule.
S’asseyant, il écarta les mèches de cheveux qui lui retombaient sur les yeux et chercha autour de lui un moyen de se distraire pour une heure ou deux. Après un instant, son regard tomba sur le journal abandonné par Sam.
Il arqua un sourcil curieux.
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La nuit commençait juste à tomber alors que Sam traversait le parking du motel vers la voiture où il pouvait voir Cas. L'ange s’était pris d’un intérêt presque obsessionnel pour la musique maintenant qu'il en avait le temps - rien que du bon dieu de temps  - pour s’assoir et faire quelque chose d'autre que chercher Dieu ou essayer d'arrêter l'apocalypse. C’était la quatrième fois depuis la semaine dernière qu'il disparaissait ainsi et à chaque fois Sam ou Gabriel avait été forcé de sortir et de l'exhorter à revenir à l'intérieur - bien que dans le cas de Gabriel ce n’était pas tant 'exhorter' que ' être si très désagréable que Cas n'avait d’autre choix, que de courir au sanctuaire du motel '. Bah, peu importe, ça marchait.
Castiel avait pris place côté conducteur pour écouter la radio, donc Sam se glissa tranquillement à la place du passager, fermant la porte de la voiture derrière lui. Pendant une seconde, c'était exactement comme entrer dans l'Impala, l’atroce rock de son frère se déversant avec force des haut-parleurs.
Il envoya un sourire sceptique à Cas. "Tu écoutes Metallica maintenant ?" La veille, c’était  Fall Out Boy.
"Cette musique est ... familière."
Sam émit un son contemplatif, battant distraitement la mesure en rythme la chanson bien connue. Puis il s’éclaircit la gorge, inconfortable. "... Dean t’a déjà fait écouter ce genre de musique ?"
Castiel ne leva pas les yeux, étudiant avec attention la manche usée de sa veste. "Une fois. J'ai voyagé avec lui, quand vous deux étaient séparés. Je n’ai pas aimé cette musique."
"Ouais. Je la détestait aussi."
Aucun d'entre eux ne fit le geste de l'éteindre.
"Gabriel a essayé de me convaincre que tu avais tort," dit Cas après quelques instants. "Que nous devions revenir à Dean."
Sam secoua la tête, pas particulièrement étonné d’entendre dire que l'ex-embrouilleur avait agi derrière son dos, bien qu'il commence à se demander pourquoi Gabriel était si foutrement insistant sur le sujet. Il hésita, jetant un coup d'oeil à Castiel, à la fois curieux et réticent. Il ne voulait pas avoir cette conversation. "Tu, euh... Tu penses qu'il a raison ?"
L’ange eut un petit rire amer. "Je pense qu’il essaye de me manipuler pour que je sois d’accord avec lui, parce que pour je ne sais quelle raison, il pense que nous aurions plus de chances dans notre quête, plus de chance de restaurer notre Grâce si nous étions réunis avec ton frère. Je pense donc que son opinion est biaisée. " Il plia une de ses jambes, la posant sur le siège et triturant un petit trou dans le jean. "Mais c’est aussi le cas de la mienne. Et de la tienne. "
Sam se détourna, regardant par la fenêtre de la voiture dans l’ombre qui descendait. Parfois, il haïssait la propension de Castiel pour l’honnêteté brutale.
"Il me manqué aussi, Cas," dit-il enfin, crachant presque les mots dans son besoin pressant de les exprimer. "Ce n’est pas que je ne le veux pas, plus que n’importe quoi–"
La porte arrière de la voiture s’ouvrit brusquement, les faisant sursauter tous deux, et Sam dût s’éclaircir la gorge pour en chasser la boule qui y avait élu domicile. Il se retourna pour voir Gabriel se glisser sur le siège arrière avec le journal serré dans une main et grimaça automatiquement à cette vision, sachant ce qui allait se produire avant même que l’archange brandisse furieusement les pages dans sa direction.
"Tu planifiais de mentionner ceci, gamin?"
"Non," répondit-il d’un ton boudeur, tendant la main pour éteindre la radio.
Castiel se tourna sur son siège pour regarder le journal, curieux. "Qu’est-ce que c’est?"
"C’est un fantôme! Ici, dans ce trou pourri! Et au lieu de faire quelque chose d’un tant soit peu intéressant comme le chasser, on reste assis à ne rien faire du tout!!"
"Un fantôme?"
"Peu importe ce que c’est," aboya Sam, les regardant tous deux. "Je vous l’ai dit, il est hors de question qu’on chasse tant que vous êtes ainsi."
"Sam–"
"Non." Il frappa le tableau de bord de la main. "Par je ne sais quel miracle, nous sommes de nouveau en vie. Je ne sais pas vous mais je ne suis pas pressé de changer cet état de fait !"
Castiel lui jeta un regard désapprobateur. "Tu es un chasseur."
Son regard à lui ne fut pas plus aimable. "Et ce n’est pas ton cas."
"Nous sommes des soldats du–"
"Vous êtes des anges. Où, plutôt, vous êtes supposés en être." Il gesticula pour tenter de faire passer le message. "Ecoutez, les mecs, ne le prenez pas mal, mais pour l’instant, vous n’avez ni pouvoirs, ni entraînement, ni expérience. Si nous nous attaquions à quoi que ce soit ainsi, vous vous feriez tuer dans les cinq minutes, vous me feriez tuer–"
"Alors on va juste passer à côté," résuma Gabriel avec colère, accompagnant la phrase d’un geste furieux. "Laissons d’autres pauvres bâtards sans la moindre idée du problème se faire tuer, plutôt que–"
Sam s’agenouilla sur le siège et se tourna, conscient de la façon dont cela l’amenait à dominer l’autre homme, tellement plus petit, dans l’espace restreint de la voiture. "Et depuis quand toi, tu es pour chasser des monstres et sauver des gens ? Quel est le motif caché cette fois-ci ? "
Les yeux de Gabriel n’étaient plus qu’une fente. "Hey, vous deux n’avez peut-être pas une très haute opinion de moi, mais gardez à l’esprit, gamins, que je délivre la justice, d’une façon ou d’une autre, depuis bien avant qu’un de vous deux ne vienne au monde ! "
Sam ne put s’empêcher de rougir à la réprimande, heureux que la pénombre à l’intérieur de la voiture dissimule sa réaction. Il oubliait, parfois, ce qu’était exactement Gabriel ( à part un emmerdeur) et il se sentait très jeune et ignorant de se le faire remarquer aussi brutalement – alors qu’il n’avait pas l’impression de mériter encore aucun de ces qualificatifs depuis très longtemps. Le regard de Gabriel était ferme, comme s’il savait exactement ce qu’il venait de faire, et Sam se détourna rapidement, reprenant sa position initiale.
"Peu importe," força-t-il finalement entre ses dents. "Ecoutez, vous deux êtes sous ma responsabilité jusqu’à ce que vous ayez retrouvé votre mojo, et je dis qu’on ne va pas aller chasser." Il n’avait aucune illusion sur pourquoi ils estimaient tout à coup que c’était une bonne idée. Gabriel s’ennuyait, rien à de vertueux là dedans, et Cas était plus vertueux que réfléchi. Mais il continuait de vouloir leur crier dessus car ils ne réalisaient pas que Dean n’était plus là pour jouer les leader et frère et soutien et le rôle du stupide, irréfléchi héros. Il n’était pas ici pour veiller sur des anges qui n’avaient aucune expérience en ce qui concernait leur vulnérabilité. Ils étaient coincés avec Sam dans ce rôle et il était déjà sous-qualifié sans en plus les emmener pile au milieu de dangers réels.  
Mais Cas et Gabriel se contentèrent d’échanger un regard pas impressionné pour deux sous dans le rétroviseur, sans même s’en cacher. L’archange se pencha par-dessus l’épaule de Sam et énonça d’une voix calme. "Okay, alors déjà? Nous sommes ta rien du tout, Sammy-chou. Certainement pas ta 'responsabilité'–"
Il est tout à fait possible que Sam ait pété un plomb à cet instant. Avant même d’être conscient de son geste, il était sortit de la voiture en claquant la porte, ouvrant celle de derrière d’une telle façon qu’elle tressauta dans ses charnières et gesticula en direction d’un Gabriel très surpris.
"Tu sais quoi? C’est parfait pour moi sit u veux partir. Personne ne te retient ici, crois-moi.." Intérieurement, Sam ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il racontait, bordel.
Gabriel cligna des yeux avec étonnement, et avec quelque chose comme un sentiment de trahison dans les yeux. "...Tu me jettes dehors?"
Sam serra les dents, s’agitant, se sentant tout à la fois contrarié et coupable. Il ne recula cependant pas, se contentant de désigner la nuit qui les entourait d’un geste. "Ecoute, tu peux aller te faire tuer de nouveau, si c’est ce que tu veux. Je ne vais pas t’arrêter. Mais ne t’avise pas de me demander de t’aider à le faire ! "
L'archange restas assis, rigide, clairement furieux. Le journal était froissé en boule entre ses mains. Après un moment, il jeta un regard provoquant à Sam comme s’il envisageait vraiment de sortir de la voiture et de s'éloigner – envoyant sans le savoir une vague de panique dans l’humain qui lui faisait face – avant de, très lentement, comme à contrecœur, se laisser retomber en arrière contre le siège.
"Ouais," aboya Sam, trop soulagé pour se soucier de si sa voix sonnait faux. "Bien ce que je pensais." Il claqua la porte et tourna les talons sans un autre mot, soudain pressé de s’éloigner. De derrière lui il entendit le bruit de la fenêtre de voiture s’ouvrant sans douceur.
"Tu sais quoi?" cria Gabriel, sa voix résonant, perçante, à travers le parking. "C’est vraiment le plus grand des chocs que tu ais été choisi pour être l’Antéchrist!"
Scandalisé, Sam lui jeta un regard furieux par dessus son épaule, les lèvres retroussées comme pour mordre, avant d’entrer dans le motel.
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A suivre…. 
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