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27 septembre 2011 @ 15:50
Traduction: Car l’amour est fort comme la mort.  
Titre: Car l’amour est fort comme la mort.
Auteur: sakuri69
Rating: T
Résumé: Sam/Gabe, Dean/Cas slash. Léger AU. Quatre mois après l’apocalypse qui n’a pas eu lieu, Sam, Gabriel et Castiel sont ramenés à la vie tous ensemble, obligeant Sam à composer avec deux anges soudain humains et avec le fait qu’il ne devra jamais revoir son frère.
Disclaimer: Rien à nous. 
Chapitre 1
Note: Je n'ai pas respecté le découpage d'origine mais la traduction fait que le même chapitre en français se retrouve avec plus de lettres qu'en anglais, et LJ renâcle!
Crossposté sur french_slashers

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Sam seréveilla.
Ce fut le premier indice indiquant que quelque chose n’avait pas fonctionné comme prévu
Il était à peu près sûr, quelque part dans son esprit, qu’on ne se contentait pas de simplement « se réveiller » après s’être jeté dans la Fosse en compagnie de deux archanges désireux de détruire la terre. Donc, naturellement, c’était plutôt inattendu d’ouvrir les yeux et d’aussitôt les refermer pour se protéger de la lumière d’un ciel d’hiver. Il grogna et se força à rouler sur lui-même, ses mains s’enfouissant dans de l’herbe couverte de givre. La présence tout court d’herbe était plutôt choquante. Sam n’était pas un expert ou quoi que ce soit du genre mais il ne pensait pas que l’Enfer était le genre d’endroit à comporter de l’herbe.
Il était entièrement possible qu’il cherche à éviter le problème principal qui se posait à lui.
“Dean?” Le nom vint automatiquement à ses lèvres, son frère était toujours la première chose qu’il cherchait, quelque soit la situation. Et Dean avait été sa dernière vision avant de tomber, il semblait n’y avoir qu’un instant. Dean aurait dû être .
Mais il ne l’était pas et Sam le sût instinctivement, sentant son estomac se tordre. Examinant les alentours, il réalisa qu’il n’était même plus à Stull. Il n’y avait pas de cimetière, pas d’Impala, pas de Dean. En fait, il n’y avait rien et ce aussi loin que la vue portait, rien à part des champs embrumés que le gel couvrait d’argent.
Merde, pensa-t-il avec beaucoup d’éloquence.
Ce n’était pas le plus étrange des événements qui lui soit jamais arrivé – et de loin – donc ce fut l’habitude qui le hissa sur ses pieds, s’époussetant au passage. Tout de même, se réveiller tout seul dans un désert gelé était un peu trop beau quand l’alternative était l’Enfer, ce qui faisait qu’il ne pouvait s’empêcher d’attendre ce qui allait lui tomber dessus.
Il n’eut pas à attendre longtemps.
Il tournait sur lui-même, se demandant vaguement dans quelle direction se mettre à marcher quand il aperçut soudain une tâche d’une couleur différente du vert argenté s’étendant à l’infini.
Et, Jésus, Sam saurait aurait reconnu n'importe où cette couleur.
Il trébucha sur pilote automatique, descendant en glissant la pente herbeuse vers la forme familière et rassurante de Castiel. Certes, c’était légèrement moins rassurant de se rendre compte que l'ange ne bougeait pas, avec cet air comateux identique à la fois où il avait poussé ses pouvoirs angéliques à leurs extrêmes limites. Ses membres s’étalaient au petit bonheur autour de lui, comme si on venait de couper les ficelles d’une marionnette qui s’était simplement chiffonnée sur elle-même. L'herbe autour de lui n’était plus gelée, peut-être même un peu roussie au plus proche de l'ange. Mais l'aspect le plus étrange de la scène était probablement le sac de voyage plutôt banal juste à côté de lui.
Ecartant ce sujet pour l'instant, Sam jura à mi-voix en s’agenouillant à côté de l'ange. Il eut un flash-back soudain et intense de la fureur froide de Lucifer, claquant des doigts tandis que Sam criait à l'intérieur de sa propre tête et que Castiel explosait dans une douche rouge de sang. Sam eut un mouvement de recul comme la vision brûlait derrière ses yeux, mais il se força à se détendre et secoua l'ange par l'épaule.
"Cas! Cas, allez, vieux, Dean me tuera si je te laisse glisser dans le coma ou mourir de froid ou un truc du genre..." Il tacha de ne pas penser au fait que Den pourrait le tuer de toute façon, ayant déjà vu Sam écrabouiller son pas-tout-à-fait-petit-ami.
Sam était à deux doigts de paniquer quand Cas daigna finalement se réveiller. L'ange remua avec difficulté, son visage se froissant d’une façon que son maintien stoïque évitait d'habitude, puis cligna des yeux en regardant Sam.
Cela dura deux secondes puis Castiel lutta pour s’éloigner de Sam si vite que celui-ci n’eut pas le temps de réagir. Cas semblait un animal terrifié et Sam s’attendait à voir à tout instant surgir une épée angélique.
"Woah! Cas! C’est moi!" Il leva les mains en ce qu’il espérait être un geste d'apaisement, ou probablement juste une redite vile. "Pas Lucifer, je te jure. Juste moi."
Les yeux bleus de l'ange restèrent aussi intenses alors qu’il inclinait la tête sur le côté, l’observant. "Sam ?"
"Oui. Oui, Cas, c’est moi."
Castiel jeta un coup d'oeil furtif par-dessus son épaule, comme si il était réticent à quitter des yeux Sam trop longtemps. "... Où sommes-nous ?"
"J’espérais un peu que tu pourrais me le dire, en fait." "Je ... ne suis pas certain," admit-il après quelques longs instants. "Je semble avoir du mal à réfléchir."
Sam se pinça l’arrête du nez. "Okay. Parfait. Au-moins, tu sais si nous sommes sur Terre ?" Vu les circonstances, c'était une question parfaitement valable.
"Je crois, oui. Comment nous sommes arrivés ici, cependant..."
Sam ouvrait la bouche pour répondre - pour poset une des questions innombrables bourdonnant dans sa tête, peut-être - mais il n'en eu pas l'occasion. Quelqu'un d'autre parla avant lui.
"Oh, dites moi que c’est une blague..."
Lui et Cas pivotent rapidement, regardant le haut de la colline que Sam venait de descendre. Se tenant là, il y avait une des personnes qu’ils s’attendaient le moins à retrouver.
Gabriel semblait aussi déconcerté qu’eux en s’approchant et plus qu'un peu débraillé. "Je le savais," proclama l'archange d'une manière cinglante. "Je savais que quelque chose comme ça arriverait si je m’impliquais. Je suis mort, n'est-ce pas ?"
"Uhm..." répondit Sam, obligeamment.
Gabriel inclina la tête comme si cela expliquait tout. "Ben voyons. Bien fait pour moi, vraiment, m’associer à des Winchesters." Ses yeux d'ambre projetaient quelque chose comme une accusation, ce que Sam trouva un peu injuste, puis l'archange jeta un coup d'oeil aux alentours autour avec un désintérêt feint. "Parlant de ça, où est ta moitié inférieure ?"
"Il est-" Mais Sam se tut brusquement, parce que la vérité était qu’il n’avait aucune idée d’où était Dean. Bon sang, il n’avait aucune idée d’où ils étaient à cet instant. Il regarda Castiel d'un air perdu et aperçut sa propre perplexité reflétée dans les yeux bleus.
Gabriel répliqua par un bruit de dédain. "Oh, allez! Tu n’es pas en train de me dire que le seul d'entre nous à avoir réchappé de l'apocalypse, c’est Dean 'Suicidaire' Winchester! Comment c’est possible ?"
"La ferme, Gabriel," aboya Sam automatiquement, contrarié. "Ecoute, est-ce que tu as une idée de ce qui se passe ici ?"
L'ange haussa seulement les épaules. "Non. La dernière chose que je me rappelle, c’est Lucy fourrant une épée dans mes boyaux – ce qui, à propos, fait un mal de chien. Est-ce que l’un des deux idiots présents consentirait à me dire ce que j'ai manqué ?"
Sam n'avait pas la patience ou l'envie de donner une explication sur comment les choses n’avaient fait qu’empirer après cela, donc il dit simplement, "j'ai dit oui au Diable." Après une pause juste assez longue pour que Gabriel se décroche la mâchoire en le regardant, il ajouta, "Puis je me suis jeté dans la Fosse en entraînant tes deux frères avec moi. Me suis réveillé il y a environ cinq minutes."
Gabriel, pour la première fois, semblait vraiment abasourdi. Il rouvrit la bouche, mais ne pût apparemment pas trouver quoi dire.
Sam lui tourna le dos sur, reportant son attention sur Cas. "Bon. Ok. Nous sommes vivants.... C’est le cas ? Je veux dire, nous semblons ... plutôt vivant"
"Cela semble une conclusion raisonnable. Peut-être... Peut-être que mon Père a décidé de rétablir la vie de ceux qui sont morts de la main de Lucifer."
Derrière lui, Gabriel eut un reniflement inélégant. "Tu as plutôt intérêt à avoir raison, frangin, parce que je jure sur Papa, si quelqu’un a vendu son âme une fois de plus, je serai très fâché. Moi, pour ma part, je ne revis pas toute cette merde de nouveau."
Sam grimaça, espérant secrètement et contre toute logique que ce n’était pas le cas. Il était à peu près complètement certain que Dean n’irait pas faire une chose aussi stupide une seconde fois. Après tout, Dean lui avait fait une promesse. Sam avait fait jurer à son frère encore et encore que s’il survivait à la bataille finale il retournerait auprès de Lisa et Ben et aurait enfin la vie tranquille de bon père de famille qu’il méritait. Dean avait promis et, peu importe à quel point il pouvait parfois se comporter en con fini incapable de réflexion, Dean n’avait jamais, de toute sa vie, brisée intentionnellement une promesse faite à son petit frère. Sam ne pensait pas qu’il allait commencer maintenant et cela signifiait que Dean ne pouvait avoir quoi que ce soit à voir avec leur réapparition abrupte dans ce monde, parce que, là, en cet instant, Dean était occupé à vivre dans un pavillon de banlieue avec sa famille toute prête pour lui et sa vie normale et son…et…
L’estomac de Sam se contracta douloureusement tandis qu’il réalisait quelque chose.
Il regarda Cas, cillant à cause du choc de cette revelation, "Vieux, on ne peut pas y retourner. "
L’ange inclina la tête. "Retournez où, Sam ? "
 
Il passa sa main dans ses cheveux dans un geste d’inquiétude nerveuse, la détresse perçant l’abrutissement qu’avait provoqué le surréalisme de cette situation. "Près de Dean. Cas, mon Dieu…Il est heureux. Il a Lisa et…et un gamin! Nous ne pouvons pas juste nous pointer et le trainer de nouveau dans une vie pourrie! "
"Et voilà," se moqua Gabriel derrière lui, consultant une montre qui n’existait pas. "Winchester Angst, marquee déposée, pile à l’heure. Et tu es vivant depuis seulement dix minutes, Sammy. Nouveau record!"
Il fut totalement ignoré.
Castiel fronça les sourcils d’une manière désapprobatrice. "Ton frère voudrait savoir que tu es sain et sauf, Sam. Tu le sais. Lui laisser croire–"
"Non. Stop." Il leva une main, pris une longue. "Cas, réfléchis. Dean... Il mérite cela. Tu sais qu’il le mérite, après tout ce qu’il a fait. Il a finalement une vie normale, il est en sécurité, il est avec une femme qu’il aime. Je ne sais pas toi, mais moi je ne serai pas celui qui lui enlèvera tout cela. "
C’était un coup bas et Sam le savait alors qu’il observait le visage de l’ange se fermer complètement à la mention de Dean aimant quelqu’un. Sam s’en fichait. Il fallait qu’il l’empêche de s’envoler et d’aller s’abattre en plein milieu du Bonheur domestique de son frère et il était prêt à employer tous les moyens. 
Castiel redressa les épaules et, enfin, acquiesca. "Oui. Bien sûr. J’étais… Je manquais d’égards. "
Gabriel leva les yeux au ciel, pas du tout impressionné par la scène. " Uhu. Bon, autant que j’ai apprécié cette occasion de papoter et rattraper le retard dans vos vies, je crois que je vais y aller maintenant. Des gens à voir et des choses à faire maintenant que je suis revenu d’entre les morts, vous savez comment c’est, vous avez déjà joué à ça avant ! " Il eut un sourire malhonnête puis claqua des doigts bruyamment dans le silence hivernal.
Tout le monde attendit.
Après de longues secondes, Gabriel perdit son expression malicieuse et il claqua des doigts de nouveau. Toujours rien.
"Hum, Gabr–"
"La ferme", interrompit l’archange, trop occupé à foudroyer du regard sa main tout en continuant de claquer des doigts avec un désespoir croissant.
Soupirant, Sam l’abandonna à ses essais et se tourna vers Cas. "Comment se portent tes pouvoirs d’ange. Est-ce que tu peux voler? "
Castiel ferma les yeux avec une expression de sérénité, ressemblant étrangement à une statue avec son immobilité totale. C’était assez surréel avec le contrepoids que formait à l’arrière la crise d’hystérie qu’entamait Gabriel, ses claquements de doigts frénétiques ayant évolués en claquements de mains et jurons tellement terrible qu’ils faisaient même grimacer Sam.
Finalement, Castiel ouvrit les yeux de nouveau. " Je ne peux…. Je me sens de nouveau comme lorsque je me suis réveillé à l’hôpital. "
Sam cilla. "Tu es humain de nouveau?"
 "Espérons que  cela sera une condition temporaire. "
L’humain soupira de nouveau. “Parfait.” Il jeta un autre regard aux alentours, soupesant les options.
Il n’avait aucune idée de combien de temps ils étaient restés morts. Cela pouvait avoir été des minutes, des mois ou même des années. Bordel, pour ce qu’il en savait, cela pouvait avoir été des foutus siècles. Cela aurait été tellement typique.
Il n’avait aucune idée de où il était ni même, s’il était honnête avec lui-même, de il était supposé aller. Ce n’était pas comme s’il y avait un endroit à appeler ‘maison’, à part l’Impala et l’endroit où se trouvait Dean – et les deux cas étaient, pour les raisons mentionnées précédemment, hors de portée. Il pensait bien à Bobby, peut-être. Ou alors il pouvait juste repartir à zéro, aller jusqu’au patelin le plus proche et recommencer comme avant – juste, sans son frère, quoi.
"Bordel, pourquoi il me ferait ça?" cria-Gabriel soudainement, son incrédulité furieuse semblant rendre l’air glacé.
Et voilà une autre chose dont Sam n’avait aucune idée. Il était en compagnie de deux anges soudain sans pouvoirs, avec au moins l’un des deux qui n’avait strictement aucune idée de comment être un humain. Qu’est-ce qu’il était supposé en faire ? Les prendre avec lui ? Okay, Castiel, ça pourrait aller. Il était peut-être l’ange personnel de Dean mais ce n’était pas comme si Sam et lui n’étaient pas amis – tout du moins l’étaient devenus après un temps. Il pourrait partir avec Cas. Peut-être que l’ange pouvait être étrange et triste et être un peu entêté quand il était en plein Business Sérieux et Angélique, mais il était toujours Cas. Sam lui devait bien des choses.
Mais Gabriel? Franchement ?
Gabriel, qui s’occupait à piquer la plus belle crise de nerfs qu’on n’ait jamais vu, juste là, sous leurs yeux, sans la moindre honte.
Sam détourna les yeux, parce que certaines choses étaient juste embarrassantes.
Son regard atterrit sur le sac de voyage qui avait été déposé près de Castiel. Avec un froncement de sourcils il s’agenouilla à côté.
Cela prit un moment mais quand il le reconnut, il cligna des yeux. C’était exactement le sac qu’il avait eu avec lui avant de…et bien avant de mourir. Le même sac exactement qu’il avait trimballé dans le coffre de l’Impala et dans un millier de chambres de motels. Il défit la fermeture éclair et jeta un œil à l’intérieur, complètement estomaqué quand il y trouva ses affaires les plus banales. L’ordi, une paire de jeans de rechange, un certain nombre de chemises et de sweat, des cartes de crédit frauduleuses qui n’étaient probablement plus utilisables sans risques et le couteau de Ruby.
"...Bon Dieu?"
"Il semble que notre Père a jugé utile de t’équiper pour ton retour " observa Castiel qui s’était penché par dessus l’épaule de Sam.
Sam renifla et se demanda pourquoi Dieu n’avait pas jugé utile de tous les déposer dans un endroit habité, plutôt, ou pourquoi Il n’avait pas rendu leurs pouvoirs aux anges ou, bordel, pourquoi Il n’avait pas juste stoppé l’Apocalypse avant qu’ils soient tous morts. Il semblait à Sam que si Dieu était responsable de leur résurrection de masse, Il n’avait fait que la moitié du job.
Mais il se pourrait que ce soit juste la désillusion qui parlait.
Il souleva le sac avec un grognement, jetant un regard à ses compagnons plus-si-angéliques. "Bon. Une préférence pour la direction? "
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Il se révéla qu’ils étaient dans le Wisconsin, de tous les endroits possibles. Dieu avait un sens de l’humour stupide.
Sam vola la première voiture qu’ils croisèrent.
(En fait, ils la croisèrent seulement après deux heures d’une randonnée qu’il sera, tout bien considéré, bien mieux de ne pas mentionner. Qu’il suffise de dire que s’il avait jamais à écouter de nouveau Gabriel rouspéter à propos d’une chose aussi banale que marcher comme étant contraire à la dignité des anges qui devraient juste pouvoir claquer des doigts et se retrouver aussi sec de l’autre côté du globe s’ils le désiraient – et bien ce serait une éternité trop tôt.)
Il se contenta de traîner physiquement Gabriel à l’arrière de leur véhicule nouvellement acquis– prêt à utiliser son avantage niveau taille tant que l'archange était sans ses superpouvoirs - fermant la porte d’un coup de pied avec peut-être plus de violence que nécessaire et se précipitant derrière le volant. Cas avait pris la place du mort et, après un regard prudent en coin à l'expression de Sam, ne fit même pas des remarques sur l'immoralité du vol d’auto.
 
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Dean avait une fois avoué, timidement, qu'il avait emmené Castiel dans un bordel et qu'il avait essayé de l’enivrer en achetant de généreuses quantités de tous les alcools que Cas avait daigné boire - seulement pour s’apercevoir que ça n’avait même pas entamé sa sobriété. Sam aurait put considérer ce récit comme une exagération, Dean avait la bizarre habitude de râler avec profusion sur les étranges caractéristiques angéliques alors que secrètement elles l’impressionnaient- il avait, après tout, vu une fois, de ses yeux, Castiel entrer en trébuchant dans leur chambre de motel, ivre et muni d’une gueule de bois. Mais il se rappelait aussi Jo et Ellen riant d'un air incrédule tout en jurant leur grands dieux que Cas s’était enfilé toute une ligne de shooters sans sourciller. Sam avait finalement formulé l’hypothèse que les anges pouvaient se soûler, occasionnellement, mais si et seulement s’ils s’appliquaient sérieusement à la tâche
Donc c'était ... perturbant disons, de voir Castiel vouté d'un air abattu, toujours dans son trench-coat, après seulement une bière. Ses avant-bras reposaient lourdement sur le bar et il regardait fixement, imperturbable et indifférent, les rangées de bouteilles colorées qui s’alignaient sur le mur opposé. Apparemment Castiel était un ivrogne morose et cela n’améliorait pas l'humeur déjà sombre de Sam. Il faisait de son mieux pour ignorer la présence boudeuse à sa gauche, mais cela lui laissait seulement comme compagnie Gabriel, de l'autre côté, et assez curieusement l’archange-dieu-païen ne s'avérait pas être la compagnie fabuleuse que sa réputation tristement célèbre pouvait suggérer. Il faisait actuellement la gueule dans la décoction rouge fruitée d'une boisson que même Sam avait été embarrassé de commander.
 
Ils s’étaient arrêtés dans la première ville qu’ils avaient croisée, dans le premier bar devant lequel ils étaient passés et Sam avait utilisé les deux heures suivantes pour dépouiller les gens de leur cash aux tables de billard pendant que les anges regardaient, tels deux chiots abandonnés. Il ressentait l’absence de Dean comme celle d’un membre absent, constamment perdu sans la continuelle dispute affectueuse qui accompagnait d’habitude leurs escroqueries, et il avait seulement joué le temps de gagner assez d’argent pour leur chambre d’hôtel, puis cédé à la tentation de se calmer d’une bière, ou de trois. C’était peut-être de l’automédication mais c’était plus sain que le sang de démon. En plus, il était revenu d’entre les morts, encore, sans son frère ni la moindre trace de quelque chose de familier, à l’exception de deux anges dépendant qui l’énervaient, au mieux. Qu’on lui foute un peu la paix, merci.
Comme pour contrecarrer exprès cette ligne de pensée l’archange frappa soudain le bar du plat de la main "Oh, pour l’amour de– Je crois que j’ai besoin de pisser de nouveau! Comment est-ce que les humains arrivent à faire quoique ce soit en devant constamment se débarrasser de fluides corporels dégoûtants ? "
Sam pinça l’arrête de son nez, durement, fermant les yeux. "Gabriel, s’il te plaît... s’il te plaît  ferme-là."  Cela avait été déjà assez affreux la première fois, quand il avait dût expliquer graphiquement à un être céleste issu d’un autre plan comment exactement fonctionnait le système digestif humain, et l’étiquette à appliquer sur ce sujet.  
"C’est ridicule," fut la seule réponse qu’il obtint, sifflée directement à son oreille, parce qu’apparemment Castiel n’était pas le seul ange sans la moindre idée du concept d’espace personnel. "J’ai fait tout ce qu’Il aurait pû vouloir. J’avais même la carte de membre de votre stupide Team Libre-Arbitre! Okay, c’est vrai, j’étais un peu en retard pour mon entrée en piste, mais je veux dire..." Il s’arrêta un instant, avalant une gorge rageuse de sa boisson pétillante."Même en me planquant ici bas, je continuais de faire mon job, tu sais? A l’inverse de certains que je pourrais mentionner. Est-ce que c’est trop demander – oh je ne sais pas – peut-être un peu de dignité dans la mort?"
Sam lui jeta un regard féroce, contrarié. "Tu penses tellement de mal de nous que tu préférerais être mort qu’humain ? "
"Oh, ne fais pas ta précieuse. De tous les anges que tu as rencontrés, c’est à moi que tu veux faire un sermon sur le complexe de supériorité ? Non, Sammy mon garçon, il se trouve que j’aime votre étrange petite race – pour la plupart. Mais ça ne veut pas dire que je veux être  un de vous." Il regarda sa propre main avec une expression dégoutée; comme s’il pouvait voir l’humanité dessus.
Sam ouvrit la bouche pour répondre mais il fut interrompu par un reniflement dédaigneux de Castiel. Lui et Gabriel clignèrent des yeux, étonnés, à l’intervention inhabituelle d’un troisième participant à leur constant échange de rosseries, ininterrompu depuis leur réveil dans la matinée. Ils le regardèrent, dans l’expectative.
Castiel sembla surpris par leur attention soudaine, interrompu avec sa bière mi-chemin de sa bouche.
"Quelque chose à dire, frangin?"
"Non, Gabriel. Je t’en prie, continue de discuter de ton aversion profonde au fait d’être humain, bien que tu ais passé les derniers siècles, voire millénaires, à t’immerger de façon obsessionnelle dans leur culture et style de vie, prétendant être l’un d’eux –"
"Woah, woah, une seconde! Je prétendais être leur dieu, pas l’un d’entre eux!" Gabriel se hérissa visiblement mais il semblait manquer quelque chose à sa démonstration d’humeur. Peut-être parce que, habituellement, quand il était un archange – ou même un embrouilleur – Sam pouvait presque imaginer le pouvoir rassemblé en lui, des ailes invisibles se dressant au-dessus de sa tête. Maintenant, cependant, avec Gabriel si étonnamment humain, il semblait juste risible, un petit type en rogne avec une boisson de fille.  Cela donna à Sam l’envie de ricaner un peu, amusé de voir Gabriel bouger les épaules comme s’il tâchait de réajuster des plumes ébouriffées. "Je vais te dire: je ferai un humain épouvantable de toute façon, et c’est pour cela que je n’ai jamais essayé d’en être un."
Castiel, le visage toujours aussi impassible que d’habitude, mais le regard trouble fixé dans le vide, haussa les épaules distraitement. "Tu faisais un ange épouvantable aussi, si ça t’aide."
Sam dût aussitôt étouffer un éclat de rire soudain et inapproprié dans le dos de sa main, trop choqué pour réagir autrement.
Gabriel se contenta d’écarquiller les yeux, sans voix pendant un moment. "...Je te demande pardon? Qu’est-ce que c’est supposé vouloir dire? Et au passage: c’est bas!"
Le plus jeune des deux anges prit une gorge pendant qu’il semblait réfléchir à sa réponse. "Après que Lucifer et les siens aient quitté le Paradis, tu fus l’un des premiers anges à Chuter volontairement sur Terre. Tu refusas d’assumer les considérables responsabilités d’un archange alors que notre foyer était en proie au chaos. A la place, tu as passé le temps à te faire passer non seulement pour des humains et des embrouilleurs banals mais aussi pour le dieu païen Loki – un titre auquel tu n’avais aucun droit. "
"Uhm, Cas...?" intervint Sam, hésitant, conscient que les doigts de Gabriel se crispaient nerveusement sur son verre comme s’ils rêvaient d’invoquer d’un claquement un éclair qui ne laisserait rien de Castiel, rien sinon une trace sur le bar. "Je crois qu’il est temps d’arrêter pour ce soir."
Gabriel, de toute façon, ignora ses efforts de diplomatie. "Oh, et bien si ce n’est pas l’hôpital qui se moque de la charité, Déchu!"
"Je ne comprends pas cette expression–"
"Cela veut dire que tu es un petit hypocrite pleurnichard, mon frère, parce que je me souviens distinctivement de toi, envoyant balader tes responsabilités, désobéissant à tes ordres, tout ça à la demande d’un humain. Dean Winchester t’a dit de sauter dans le cerceau et tu étais dans les airs sans même demander jusqu’où, non? "
"Au moins ma désobéissance n’est pas né de ma couardise. Toi, Gabriel, tu étais l’un des plus grands parmi nous, et tu as choisi d’aller te cacher plutôt que de faire ton devoir, passant ton temps à sombrer dans le sybaritisme et le déni plutôt que de–"
"Hey, je continuais de faire ce que j’étais censé faire, même en tant qu’embrouilleur. Prononcer des jugements et tout ça–"
"Tes 'jugements' étaient mesquins et totalement hors de proportion et, pour la plupart, destinés à t’amuser. Donc oui, Gabriel, je pense personnellement que tu fais un ange épouvantable. Il semblerait que tu n’étais jamais très loin de l’humain. "
Gabriel sursauta comme s’il avait été giflé, et Sam sut qu’il était plus que temps d’intervenir. Ce qui avait été une dispute vaguement amusante entre frères semblait désormais une attaque en règles de Castiel et Sam ne comprenait pas ce qui lui prenait. Ce n’était pas Cas parlant de lui comme d’une abomination sans réfléchir, c’était une hostilité active.
Il se leva, plaçant sa carrure entre eux deux tout en cherchant de la monnaie dans sa poche. "Okay, il est définitivement temps d’y aller. Pourquoi est-ce qu’on –"
Gabriel se contenta de se pencher sur le côté pour qu’il ne lui bouche plus la vue, une expression mortellement calme sur le visage. "Tu passes les bornes, Castiel."
L’autre ange haussa les épaules en se levant. "D’une façon ou de l’autre, Gabriel, tu n’es plus mon supérieur." Puis, sans un autre mot, il se détourna et se dirigea vers la porte. Sam espérait vraiment qu’il allait les attendre dans la voiture et pas disparaître de façon mélodramatique. C’était vraiment tout ce qu’il leur fallait pour finir la nuit de façon sympa, tourner dans les alentours avec les fenêtres baissées, appelant Castiel comme s’il était un animal égaré.  
Il s’éclaircit la gorge, gêné, bannissant l’image mentale et risqua un regard à Gabriel. L’archange était rigide dans son siège, le regard furieux dans le vide, et pendant un étrange moment empli de confusion, Sam fut désolé pour lui.  
"Ecoute.. Cas ne voulait... Il est juste inquiet. Je crois que Dean lui manque." Sam pouvait comprendre.
Gabriel, cependant, lui jeta un regard furibond qui faisait flamboyer ses yeux ambrés. "Je crois qu’il veut baiser Dean," contra-attaqua-t-il vicieusement. "Et je crois qu’il est furieux parce que tu lui as dit qu’il ne pouvait pas se précipiter dans les bras grands ouverts de ton frère. Cela ne lui donne pas le droit de s’en prendre à moi.  "
Sam soupira et baissa la tête alors qu’un autre ange sortait en l’ignorant Oh ouais. Tout ceci allait être génial.
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Quand ils trouvèrent enfin un motel qu’ils pouvaient se permettre avec ce qui restait de l'argent, il s’avéra que Gabriel ne savait pas comment faire pour dormir, à la stupéfaction exaspérée de Sam. Leur chambre comportait deux lits que Sam avait généreusement laissés aux anges tandis qu'il prenait le canapé et, à mi-chemin du matin, Gabriel n’avait toujours pas trouvé le truc. Il passait le temps en gardant Sam éveillé en prenant la parole de temps en temps, ne se donnant même pas la peine de chuchoter.
"C’est barbant. Vous restez sérieusement huit heures allongés là à ne rien faire, pendant huit heures, chaque nuit? Pourquoi?"
"Tais-toi, tu vas réveiller Cas." Il roula sur lui-même, redonnant une meilleure forme à son oreiller d’un coup de poing frustré. Il avait jeté un oeil à un journal quand il les avait inscrits à la réception. Ils étaient début Décembre, environ quatre mois après sa mort. Il se demanda si ça voulait dire qu’il avait été coincé en Enfer pendant quarante ans, comme Dean. Il n’en avait aucune idée, se rappelait de Stull comme si c’était littéralement arrivé hier. Ce qui était probablement une sacrée chance, bien considéré.
"Hey Sammy?"
Quatre mois que Dean vivait avec Lisa et Ben, se créant une vie à lui. Bientôt, ce serait Noël. Il leur achèterait probablement des cadeaux. Des vrais, des qu’il paierait plus d’un dollar dans une station service. Il n’aurait pas à voler des jouets pour Ben comme il l’avait fait pour Sam. Il–
"Sam!"
"...Quoi."
"Oh, tu faisais ce truc du sommeil? Désolé. Je me demandais juste ce qu’il y avait au programme demain."
"Le programme, c’est de faire des recherches," répondit-il avec concision. Parce qu’il avait deux anges humains sur les bras et que plus vite il leur rendrait le pouvoir de disparaitre de sa vie, mieux ce serait.
"Uh huh. Et tu penses qu’il va suffire de fouiller quelques sites web? Il n’y a pas grand-chose de connu sur les anges, gamin, et encore moins sur les anges ressuscités et soudainement humains."
Il soupira. "Je réalise très bien que cela ne sera pas facile, Gabriel. Maintenant, est-ce que tu pourrais... au moins essayer de dormir, s’il te plait."
Il y eut un court instant de calme, pendant lequel Sam resta allongé là, écoutant Castiel renifler doucement dans son oreiller. Cela ne dura pas longtemps.
"Okay, écoute. Tu sais que je serai la dernière personne à chanter ses louanges, mais il n’en reste pas moins que maintenant serait peut-être le moment idéal pour réévaluer ta politique vis-à-vis de ton frère."
"Qu’est-ce que ça te fait que je parle ou pas à Dean?"
Gabriel se retourna, s’appuyant sur un coude pour le regarder fixement dans l'obscurité. "Parce que les frères Winchester affrontent ce genre de chose chaque foutu mardi et pardonne-moi de penser qu’on pourrait avoir besoin d’aide! Ce n’est pas comme si toi ou Castiel pouvez être utiles à quoi que ce soit tant que vous ne l’aurez pas revu et je voudrais avoir retrouvé mes ailes avant la fin ce siècle!"
Sam leva les yeux au ciel. Il aurait dû savoir que l'archange avait une visée égoïste. "C’est arrivé à Cas avant. Il dit que c’est comme avoir besoin de recharger vos batteries. C'est provisoire."
"Et est-ce que ses batteries ont jamais été rechargées ? ?"
Sam ouvrait la bouche pour aboyer une réponse, mais s’arrêta. Cela n’avait pas été le cas, si? Cas avait été humain quand il les avait suivis dans le cimetière de Stull. Il était mort humain et il avait été ramené ainsi. "...Huh."
Gabriel lui jeta un regard acéré puis se laissa tomber en arrière sur le matelas. "Génial."
Ils restèrent à réfléchir en silence pendant un moment et pour la première fois, Sam se demanda ce qu’il ferait d’eux si cela se révélait permanent. Il ne savait même pas ce qu’il allait faire, lui. Continuer de chasser était sa réponse instinctive, mais emmener Gabriel et Castiel avec lui ? Cas au moins s’était essayé à l’humanité auparavant et Dean s’était assuré qu’il connaisse les basiques de l’auto-défense, mais Gabriel ? Gabriel avait peut-être été l’une des armes les plus terribles du Paradis mais pour l’instant il ne savait même pas se débrouiller avec les besoins humains basiques tels le sommeil et la nourriture. C’était franchement tentant de juste le confier à quelqu’un, quelque part, qui aurait le temps et l’énergie de lui enseigner mais ça semblait un peu salaud et malgré toutes les horreurs qu’il leur avait infligées en tant qu’embrouilleur, Gabriel avait été une sorte de membre officieux du Team Libre Arbitre, et il était mort pour eux. Lui enseigner les exigences en nutriments du corps et les moyens de combattre l’insomnie était probablement le moins qu’il puisse faire.
Donc chasser était hors de question, au moins pour le moment. Peut-être après les avoir entrainés un peu, après quelques leçons en auto-défense, mais pas maintenant. Qu’est ce que cela laissait comme solution ? Il pouvait les emmener chez Bobby. Au moins, le vieux chasseur adorerait avoir accès à leurs connaissances encyclopédiques sur tout le surnaturel. Mais Bobby appellerait probablement Dean, peu importe ce que Sam pourrait lui dire, et même s’il ne le faisait pas, la nouvelle atteindrait forcément les autres chasseurs qui utilisaient Bobby comme contact et cela finirait par atteindre Dean. Donc non, Bobby n’était pas une option.
"Psst, Sam!"
"Jesus – quoi, Gabriel?"
"...Non, sérieusement, on est supposé juste rester allongé là?"
Sam lui jeta son oreiller dessus.
 
xxx

A suivre....
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